De l’importance des techniques de combat face à l’ours

Le parc de la Mauricie est un des nombreux parcs nationaux du Québec et le dernier de notre périple. Objectif : battre le fer avec l’ours noir du Canada (façon de parler). L’ours noir est bien portant puisqu’on en trouverait des milliers dans la seule région du Québec. Nos chances d’en voir – ou d’y rester – augmentent à vue d’œil.

P1310721La vue près du chalet

Précision : je ne vous balancerai pas des milliers de photos d’ours, parce qu’un ours c’est gros mais ça bouge et ça se cache (en vrai, j’ai plutôt fait des films).

Pour être certains d’en croiser en toute sécurité, nous passons deux jours chez Eric, dans son chalet en bordure de parc. Eric est un ancien garde-forestier qui organise des incursions dans la forêt pour taquiner l’ours. Il les connait bien, mais ne garantit rien. On croise les griffes.

Après le repos du guerrier (qui n’a encore rien fait) dans le chalet typique et la récolte au poulailler pour un petit déj’ de compèt’, le soir venu, on s’aventure à pas feutrés dans le repère de l’ours. Eric est une mine d’or et un moulin à parole. Ce conteur né nous donne mille et unes anecdotes plus ou moins rassurantes sur l’animal. Le tout sur le chemin. Je commence à flipper.

P1310663Le repos du guerrier – avant la bataille

Eric a construit un petit observatoire d’où on peut guetter en sécurité. Avant de rentrer dans le refuge, on entend des craquements. Eric nous fait signe de nous taire, nous précipite dans la cabane et sort son fusil/tranquillisant. Ça commence plutôt mal.

De l’encens et du grillage sont installés pour que Baloo ne repère pas notre présence (on fait ce qu’on peut pour se rassurer). Il faut agir et sentir – ou puer – comme un ours car son odorat est très développé. Pour augmenter nos chances, Eric a déposé baies et œufs dans la zone (vous savez quoi préparer si un ours s’invite à diner).

Miracle, petit ours brun débarque, démarche chaloupée, entre les feuillages. Eric analyse la bête dans ses moindres détails (taille, poids, caractère, dangerosité – oups). C’est un mâle.

P1310679

Il en faut peu pour être heureux

Entre la peur et l’excitation, on contemple l’ours avec fascination. La tension monte lorsqu’un deuxième ours se pointe. Deuxième mâle, Houston we’ve got a problem. Deux bonhommes, ça signifie souvent combat – parfois jusqu’à la mort – pour une lute de territoire (ah, les hommes). Heureusement, après un rapprochement dangereux, le dernier arrivé (et aussi le plus jeune) se tient à bonne distance (il s’en va quoi).

Nous voilà donc avec notre premier gros bébé. Soudain, Papa ours s’immobilise. Eric aussi. On s’est peut-être fait repérer. Le suspens est à son comble et je manque de mourir asphyxiée (arrêter de respirer n’est jamais une bonne idée).

P1310691On passe à table ?

Techniques de combat / de sauvetage

Si, comme moi, l’idée de mourir déchiqueté ne vous met pas en joie (en fait comme tout le monde), voici une sélection de techniques à adopter en cas de rencontre avec un ours mal léché.
Attention, ceci est un discours rapporté et non testé par mes soins, dans le doute je vous conseille de faire appel à un spécialiste.
Préambule : ne JAMAIS tourner le dos à un ours (partir en courant n’est donc plus en option).

  • Tentative n°1 : il n’y a pas de place pour deux cowboys, Johnny

Oui, à priori ça a l’air dangereux. Pour effrayer l’ours, il faut faire du bruit, beaucoup de bruit, quitte à imiter le grognement de l’adversaire et passer pour un fou en s’agitant dans tous les sens pour paraitre plus grand. Mouais.

  • Tentative n°2 : la course du bourré

Voici une des rares fois où le sentiment d’être bourré pourrait vous être utile. Bien sur, ne buvez pas avant de braver un ours, mais si vous adoptez le comportement d’une personne ivre, vous avez vos chances. Une petite marche en zigzag peut perturber l’orientation de l’ours.

  • Tentative n°3 : ce qui est mort n’est plus dangereux

Si la bête n’est pas convaincue, faites le mort, il ne daignera peut-être pas bouger sa grosse bedaine pour de la viande déjà avariée. Risqué si vous voulez mon avis, mais sait-on jamais.

  • Tentative n°4 : pas de quartiers !

Si malgré tout, l’animal s’approche avec l’air combatif, un seul remède : prenez ce qui vous tombe sous la main (de préférence un silex bien aiguisé, je vous rappelle que vous êtes au sol sans défense) et tapez le plus fort possible sur le museau. Pas garanti que vous en sortiez gagnant (ou vivant), mais c’est la loi du plus fort.

  • Tentative n°5 (dernière chance) : on grimpe

Si vous n’avez pas le temps de vous relever, toutes mes condoléances, sinon vous pouvez tenter la grimpette aux arbres. Avantage à ceux prénommés Mowgli (vous ne devez pas être nombreux). Il faut tout de même s’assurer qu’il s’agit bien d’un mâle. L’ours noir est plutôt solitaire, mais qui dit femelle dit petits. Et les petits se cachent parfois dans les arbres. La boucle est bouclée. La femelle est de nature moins bagarreuse, mais quand il s’agit des enfants, on ne compte pas. Si elle vous voit vous diriger vers eux, je ne donne pas cher de vous. Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué (tadam, placé !).

P1310740Le retour au chalet post-crise cardiaque

Morale de l’histoire, partir à la rencontre de l’ours – dans de bonnes conditions et avec un guide hautement assermenté – est un moment magique que je recommande de toute urgence.

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